2eme cycle, La religion dans les arts et la culture

La religion dans les arts et la culture: les symboles

Photo de Daniel Reche sur Pexels.com

Le thème de la religion dans les arts et la culture, c’est un thème que je trouve très intéressant parce qu’il nous amène à poser un regard nouveau sur ce qui nous entoure. Quand on prend le temps d’y penser, on remarque toutes les traces que la religion a laissé sur la culture au Québec. La religion avait une très grande place et même si le Québec se déclare laïc, il n’en demeure pas moins qu’il est porté par son passé.

La plupart de mes élèves vivent dans des familles qui ne sont pas pratiquantes et beaucoup d’entre eux ne reconnaissent tout simplement pas les éléments religieux qui subsistent dans la culture. Ils ne comprennent pas non plus très bien pourquoi on pourrait utiliser des symboles religieux hors de leur contexte. Et c’est quand même assez abstrait comme concept.

C’est ce que j’ai essayé d’expliquer dans l’activité qui suit.

Les élèves partent d’un texte de référence à propos de l’importance des symboles dans la religion.

Aperçu du texte de référence des élèves.

Comme d’habitude, j’ai également une présentation visuelle pour soutenir la discussion et les explications présentées en classe.

Aperçu de la présentation

J’ai voulu faire un parallèle avec un exemple qu’ils connaissent mieux, un symbole qui sert à représenter autre chose et qu’ils utilisent presque tous les jours: les émojis. Au passage, c’est assez intéressant de savoir comment ils ont été créés. Les émojis servent à représenter, dans une conversation écrite, ce qu’on ne peut pas voir: le langage non-verbal.

Dans une conversation écrite, on ne peut pas voir les expressions faciales, entendre le ton de voix, les mouvements du corps. Les émojis viennent représenter concrètement les informations abstraites que nous aurions comprises si nous avions été en présence de notre interlocuteur. Les symboles ont un rôle semblable dans la religion.

Aperçu de la section sur les emojis.

Il serait difficile d’aborder la questions des symboles dans la religion sans parler de ceux qui sont interdits. J’ai donc inclus quelques informations sur la raison pour laquelle certaines traditions religieuses (dont l’Islam, mais ils ne sont pas les seuls) interdisent que Dieu ou les prophètes soient représentés, alors que d’autres traditions le permettent.

J’aborde avec les élèves le sujet du Charlie Hebdo et de Samuel Paty.

Je leur propose aussi un exercice d’interprétation, à partir des oeuvres d’un artiste cubain, Érik Ravelo. Cette série d’images s’intitule « Les intouchables ».

Aperçu du travail d’Érik Ravelo

Vous pourrez en apprendre plus sur son travail en consultant son site web, ici: https://erikravelo.myportfolio.com/

Je fais le premier exercice avec les élèves (modelage), puis je leur demande d’essayer de faire le travail d’interprétation avec les images suivantes.

Le complète l’activité avec quelques questions de compréhension sur l’ensemble de ce qui a été présenté.

Le texte de référence des élèves fait environ 4 pages aérées, avec des images. Le questionnaire fait 5 pages, mais c’est surtout l’activité d’interprétation des œuvres qui prend de l’espace. Il y a également une grille d’évaluation, pour faire une correction très rapide et garder des traces.

Quant au document de présentation, il fait 32 diapositives. Le corrigé est inclus dans cette présentation. Il pourrait donc être réservé à l’usage de l’enseignant, ou projeté en classe pour une correction collective.

Bref, l’ensemble de ces documents vous seront accessibles sur le site Mieux Enseigner, en échange de quelques deniers, et c’est par ici: https://www.mieuxenseigner.ca/boutique/la-prof-decr

Ressources pour les profs

L’alliance de la Brebis, Gabrielle Lavallée

Il semble y avoir un débat en ce moment sur la façon de nommer certains groupes religieux. Doit-on les appeler des sectes? Des nouveaux mouvements religieux? Des groupes sectaires? Des groupes religieux marginalisés?

De ce que j’en avais compris, j’utilisais une classification beaucoup plus simple (mais attention, pas simpliste pour autant!). Une religion, c’est quelque chose qui est généralement bénéfique pour les gens qui la pratiquent. Une secte, c’est quelque chose qui est généralement mauvais pour les gens qui la pratiquent.

Évidemment, on tombe ici dans le jugement de valeur. Mais n’est-ce pas justement la question? Qui détermine ce qui est une secte de ce qui est une religion? Et au regard de quels critères? Donc on revient à la question de départ: qu’est-ce qui est bon, qu’est-ce qui est mauvais?

J’utilisais les critères identifiés par Info-sectes, que je trouvais aussi clairs que difficile à interpréter, dans le bon sens du terme. Quand on parle d’exigences financières exagérées, par exemple, qui détermine où est la limite? Et c’est exactement le problème vécu par les gens (et leur entourage) aux prises avec des groupes religieux sur la ligne entre le sain et le malsain.

Cliquez sur le logo pour avoir accès au site officiel. https://www.infosecte.org/

Aucun groupe ne recruterait des fidèles en leur disant « Nous vous exploiterons, vous détruirons, vous rendrons seuls, misérables et malheureux, venez! ». Des gens intelligents, brillants, altruistes, sains et bien entourés reconnaitront pourtant parfois avoir été séduits par une secte. Pourquoi?

Je trouve que le livre de Gabrielle Lavallée offre beaucoup de pistes de réflexion. Pour ceux qui connaissent la tragique histoire de la secte de Roch (dit Moïse) Thériault, vous comprendrez vite qu’il ne s’agit pas d’un livre à mettre entre les mains de vos élèves. Le témoignage y est cru, vrai, direct, sans censure. Les sévices sexuels, la violence, les crimes et autres y sont clairement expliqués.

Vous pourrez souvent trouver ce livre dans les bouquineries. Même s’il date de quelques années, les enseignements qu’on en retire ne sont pas moins utiles, au contraire.

Mais c’est nécessaire puisque ça fait partie de toute la réflexion philosophique, humaine et spirituelle qui peut amener un être humain ordinaire à croire que ces comportements ont un sens, qu’ils sont nécessaires et justifiés. Madame Lavallée explique très bien les étapes qui amènent à raisonner ce qui n’est pas raisonnable. C’est difficile à expliquer – elle le fait mieux que moi, lisez son livre -.

Le fait de le comprendre de l’intérieur permet de changer le discours sur les « illuminés » qui adhèrent aux sectes et de comprendre que ce n’est pas un choix. C’est un ensemble de facteurs, de circonstances, de hasards. Ces personnes ne sont pas crédules, choisies au hasard.

Et surtout, surtout: les sectes ne visent pas uniquement les personnes qui sont croyantes. Elles n’en ont pas besoin, elles ont déjà des croyances (quoique…). Ce sont toutes les autres, qui se cherchent, qui posent des questions, qui cherchent des ancrages, qui sont le plus à risque. Au Québec, ça représente beaucoup de monde.

À un moment où les « coach de vie », les produits naturels, les retraites méditatives, l’art-thérapie, les thérapies alternatives, les croyances personnelles, le vedettariat et autres sont aussi populaires, je crois qu’il faut envisager les groupes sectaires d’une autre façon. L’heure n’est plus aux chorales qui changent en robe de lin bio dans des champs (quoique…). On doit être vigilant, et outiller nos élèves. Tout ce qui brille n’est pas or.