Cette activité pourrait être réalisée autant pour le premier que le deuxième cycle.
Aperçu du document de présentation
L’objectif de cette activité est de permettre aux élèves de s’exercer à la prise de notes et à l’argumentation. Lors des activités sur la tricherie, ils ont réfléchi aux conséquences potentielles, positives ou négatives, de plusieurs options. Dans le cadre de cette activité, ils pratiqueront surtout l’argumentation.
Les élèves sont guidés
Je leur présente plusieurs cas de tricheurs célèbres, dans plusieurs domaines (par exemple: Lance Armstrong, Luis Resto, Tonya Harding…). Toutes les informations sont incluses dans le document de présentation. Les élèves doivent noter les informations importantes sur chaque présentation. Ils sont guidés dans cet exercice par la structure du document de l’élève, qui prévoit de l’espace pour chaque information importante: nom du tricheur, domaine d’activité, conséquences de ses gestes etc.
Aperçu du document de travail de l’élève
À la fin, les élèves doivent indiquer lequel est, selon eux, le « pire » tricheur, mais surtout soutenir leur point avec deux arguments. La présentation comprend aussi quelques informations sur la manière de formuler des arguments.
Le document de présentation comprend 8 diapositives. Le document de l’élève fait 4 pages. Une grille d’évaluation est incluse pour une correction hyper-rapide qui permet de garder des traces facilement et de faire de la rétroaction rapidement.
Aperçu de la grille d’évaluation
C’est aussi une belle occasion pour les élèves de se familiariser avec mes grilles d’évaluation.
J’avais vu ce documentaire troublant aux Grands Reportages, un peu avant de commencer le thème sur la Justice avec des élèves de 5e secondaire. Je ne pouvais pas passer à côté.
L’affiche du film
Il faut d’abord comprendre un peu la bête. Oeil pour oeil, c’est l’expérience vécue par Ilan Ziv, un journaliste qui a cherché à rencontrer Mark Stroman, un suprémaciste blanc condamné à la peine de mort après avoir été reconnu coupable de plusieurs meurtres. Mark Stroman est le produit d’un environnement violent, d’une faible éducation, d’abus de substances en tous genre (les siens et ceux de ses parents). Lors des attentats du 11 septembre, sa vie bascule. Il a enfin trouvé vers qui il allait tourner toute sa rage, sa colère et sa violence: les arabes.
Il vit au Texas, il est lourdement armé et il tire sur les personnes issues de minorités visibles qu’il rencontre. Il blesse ou tue de purs inconnus, pour le seul prétexte qu’ils ont « l’air d’être arabes ».
Quand Ilan le rencontre, il est déjà incarcéré depuis quelques années. Il a eu le temps de réfléchir, de prendre de la maturité, et il n’est plus aussi sûr de ses anciennes convictions. Il commence à faire des lectures,
C’est alors que Rhais Bhuyan entame une campagne pour éviter la peine de mort à Mark Stroman. Rhais milite contre la peine de mort depuis qu’il a frôlé la mort. Il a été atteint par balle au visage et a cru que son heure était venue. Quand il s’est réveillé à l’hôpital, il était rempli de gratitude envers la vie, qu’il trouvait plus précieuse que jamais. Un pèlerinage à La Mecque a achevé de le convaincre que puisque sa religion en est une de pardon et d’amour, il devait pardonner à son agresseur (eh oui, Mark Stroman) et lui éviter la mort. Ça ne s’invente pas.
Je ne vous dit pas la fin, vous regarderez le reportage. Il est disponible gratuitement sur Tou.tv ici: https://ici.tou.tv/oeil-pour-oeil, mais franchement, je vous conseille d’acheter le DVD. Le montage n’est pas tout à fait identique et j’ai préféré la chronologie originale. Il est aussi possible de le louer sur vimeo et tout. Bref, vous trouverez ça ici: https://www.filmoptioninternational.com/an-eye-for-an-eye
Wow!
VISIONNEZ-LE AVANT DE LE PRÉSENTER EN CLASSE.
Super important. Il y a des scènes assez dures, prises par des caméras de surveillance. Les familles ont accepté que les images fassent partie du film, mais on voit quand même des gens être abattus (même si c’est super flou).
Vous connaissez vos élèves et leur sensibilité, vous savez jusqu’où vous pouvez aller avec eux. Utilisez votre jugement.
ATTENTION AUSSI, IL Y A UN N-WORD
Un ancien collègue de Mark Stroman le cite en rapportant des propos qui lui ont fait comprendre que Stroman était raciste. Et le mot est dit dans son intégralité. Ben oui, Stroman était un suprémaciste blanc, le genre à se faire tatouer le drapeau confédéré sur le chest avec des silhouettes du Ku Klux Klan. La totale. Moi, personnellement, je ne suis pas à l’aise de diffuser le mot. Donc j’ai noté qu’à 17:05, quand j’entends le collègue commencer sa phrase « Il était du genre à dire des trucs comme: » hey toi… », je coupe le son.
Ça a d’ailleurs été une belle occasion d’expliquer aux élèves pourquoi, en donnant quelques exemples de l’actualité (quelques profs à l’université qui ont été dans l’eau chaude, un roman d’Agatha Christie qui a été rebaptisé…). Si vous souhaitez y aller cow-boy et l’assumer, libre à vous de le laisser résonner dans la classe, mais honnêtement, je ne vous le conseille pas.
Aperçu du document de présentation
Sinon, pour aller avec le visionnement, j’ai préparé une présentation et une réflexion préparatoire. La présentation contient diverses information sur la justice et l’histoire de la peine de mort au Québec et au Canada.
Avant même de parler du documentaire, il peut être intéressant d’outiller un minimum les élèves et de les sonder sur leur opinion.
D’ailleurs, le document de travail des élèves prévoit plusieurs questions en ce sens. Je les amène à réfléchir à la question de la peine de mort à travers des citation qui sont pour, contre, ou ambigües quant à la peine de mort.
Je leur présente aussi deux mises en situation pour les mettre dans la peau d’un juge et leur demander quelle peine ils appliqueraient au coupable. J’ajoute ensuite des informations pour leur demander s’ils modifieraient leur jugement à la lumière de nouvelles informations. L’objectif est de les faire réfléchir au caractère irréversible de la peine de mort. Si de nouvelles informations te font changer d’idée, tu ne peux rien y faire si tu as zigouillé ton prisonnier au terme du premier procès.
Le document de présentation contient aussi des suggestions d’interprétation pour les citations.
J’ai également préparé un questionnaire que les élèves rempliraient pendant le visionnement, puis un corrigé qui pourrait être réservé à l’usage du prof ou projeté pour une correction collective.
Je la faisais directement pendant les premiers cours de l’année scolaire parce qu’il s’agissait d’un prétexte intéressant pour faire un retour sur le processus de réflexion éthique. On pourrait aussi le faire dans le cadre du thème L’ambivalence de l’être humain.
Ça a vraiment donné des discussions intéressantes. Déjà, pour réfléchir aux problèmes de tricherie, il faut se demander pourquoi les élèves trichent, donc avoir une discussion sur l’utilité de l’évaluation. Pourquoi les élèves sont-ils évalués? À qui servent les résultats d’évaluation?
On réalise à quel point les élèves attachent beaucoup d’importance à la note, souvent au détriment de l’apprentissage. Ça faut du bien de recentrer le tout. De de dédramatiser le faut d’avoir, parfois, de moins bons résultats. Ça fait partie du processus d’apprendre.
J’en ai même profité pour réfléchir à mes méthodes d’évaluation et revoir certaines façons de faire.
Au final, j’ai fait une version de cette activité pour le 1er et le 2ème cycle du secondaire. Ici, je vous présente celle pour le 2ème secondaire.
Le premier document comporte des mises en situation permettant de réfléchir aux raisons et aux conséquences de nos choix. L’objectif est d’aider les élèves à formuler des arguments par la suite. En général, ils sont rapides à établir et à énoncer leurs opinions, mais quand on leur demande sur quels arguments ils s’appuient, c’est plus difficile.
Aperçu du premier document de travail
Je faisais même un exemple à voix haute avec eux avant de les envoyer en travail
Même avec les mises en situation, plusieurs d’entre eux ont quand même de la difficulté. C’est pourquoi je reviens avec eux sur les réponses et je les invite à noter plusieurs possibilités de réponses. Les élèves ont toujours droit à leurs document quand ils sont en évaluation, alors il est tout à leur avantage de corriger leurs travaux lorsqu’ils en ont l’occasion.
Dans un deuxième temps, après avoir fait un retour là-dessus, je faisais une réflexion éthique complète avec eux. Dans la première mise en situation, ils se demandent s’ils saisissent l’occasion de tricher qui leur est offerte.
Aperçu du document de travail de la première réflexion éthique
Ils devaient faire la deuxième réflexion éthique de façon autonome, en s’appuyant sur les exemples faits en groupe. Dans un contexte où ce n’est pas le début de l’année scolaire, on pourrait utiliser les documents différents. Par exemple, faire les mises en situation en groupe pour faire un remue-méninges, puis faire les deux autres réflexions éthiques de façon autonome et individuelles pour les évaluer. Des grilles d’évaluation sont d’ailleurs incluses avec chaque réflexion éthique.
Aperçu du document de travail de la deuxième réflexion éthique
Aperçu du document de correction
J’ai préparé un document « Corrigé » pour chacune des deux réflexions éthique. Je mets corrigé entre guillemets, parce que ce sont surtout des suggestions de bonnes réponses. Des réponses différentes pourraient être tout à fait acceptables dans la mesure où elles sont logiques et respectent les grandes lignes du programme.
Le document corrigé pourrait être réservé à l’usage du prof pour projeté à tout le groupe pour une correction collective. À voir selon ce qui vous convient.
Il y a quelques semaines, je suis tombée sur une série intitulée Le Tournant, ou Turning Point en anglais. Cette mini-série documentaire porte sur les attentats du 11 septembre 2001: les éléments historiques qui ont mené aux attentats, les attentats en eux-mêmes, puis les conséquences de ces attentats. Vous pourrez regarder ça ici (si vous avez Netflix, bien sûr): https://www.netflix.com/ca-fr/title/81315804
Aperçu de la série
C’est très « américain » dans le sens où on y voit plein de témoignages touchants de pompiers, de policiers ou de leurs enfants, qui expliquent toutes les conséquences que les attentats ont eus sur leur vie et à quel point ils ont été courageux.
Le troisième épisode a suscité un peu plus ma curiosité d’un point de vue éthique. On y parle du développement de la prison de Guantanamo et des flous juridiques qui ont permis son fonctionnement. Ainsi, Guantanamo est un peu sous la juridiction de « personne » d’un point de vue international et c’est exactement la raison pour laquelle les américains ont choisi d’y établir leur prison.
De plus, le fait de qualifier les gens qui y sont emprisonnés de « détenus » et non de « prisonniers » fait en sorte que la prison peut échapper aux réglementations de Genève sur les prisonniers de guerre. Puisque les présumés terroristes ne sont pas reconnus comme des soldats liés à un État, il n’est pas obligatoire de les traiter selon la convention de Genève. On peut donc utiliser des méthodes d’interrogatoire disons…différentes.
Il faut garder en tête que les Américains disent avoir affaire à des « fanatiques » prêts à mourir pour leurs idéaux. Il ne serait donc pas possible de conduire les interrogatoires de façon classique, en essayant de raisonner les prisonniers – pardon, détenus! – pour les convaincre qu’il est important de déjouer les prochains attentats potentiels. Et les Américains ignorent où et quand ces prochains attentats pourraient avoir lieu, mais craignent que l’on s’en prenne encore à une population civile qui n’a rien demandé et qui veut juste vivre sa vie tranquillement.
Dans de telles circonstances, est-il acceptables de « forcer » des aveux avec des techniques qui ne relèvent pas tout à fait de la torture selon eux, mais presque? Privation de sommeil, humiliations, postures inconfortables, nudité, simulation de noyade, utilisation des chiens etc. On ne parle pas des engins de torture du Moyen-Âge, mais quand même on ne respecte pas tout à fait la Charte des Droits et Libertés.
Alors j’en ai fait une réflexion éthique, utilisable au 2ème cycle dans le cadre du thème de la Justice, principalement.
Premièrement, je me suis inspirée des informations présentées dans le documentaire de Netflix pour rédiger un texte de 2 pages, L’Art d’obtenir des informations. Dans le document de travail de l’élève, un gabarit de réflexion éthique suit. Une grille d’évaluation est incluse et permet une correction rapido-presto.
Aperçu du texte
Aperçu du gabarit de réflexion éthique
J’ai aussi créé un corrigé à partir de Power Point. Il peut être réservé à l’usage de l’enseignant, mais il pourrait également être projeté pour une correction collective.
Pour aller plus loin dans la discussion, j’ai aussi inclus des portraits de soldats britanniques déployés en Afghanistan et des pistes de réflexion sur ces portraits. Les soldats ont été photographiés avant, pendant et après leur déploiement. On voit dans leurs regards que leurs vies ont été changées.
L’objectif est d’amener les élèves à réfléchir sur les effets de la guerre sur les individus. La violence en contexte de guerre a des effets sur celui qui la subit, mais aussi souvent sur celui qui doit la commettre. On pourrait se questionner sur les effets des interrogatoires renforcés non seulement sur les détenus qui les ont subis, mais aussi sur les personnes qui ont exécuté les ordres qui leur ont été transmis.
Aperçu de la présentation
L’enseignant qui voudrait aller plus loin pourrait même faire des liens avec les expériences de Milgram et le fameux jeu télévisé « Le jeu de la mort », où des cobayes ont été encouragés à utiliser des chocs électriques sur d’autres participants (les chocs étaient faux, les cris de souffrance aussi, mais la personne qui les administrait ne le savait pas). Ces expériences n’ont pas été sans conséquences.
Chaque année, Amnistie Internationale organise un marathon d’écriture. Sur leur site internet, on nous présente un certain nombre de causes, des gens qui ont été emprisonnés pour des motifs qu’Amnistie Internationale juge injuste. Autour du 10 décembre et jusqu’à la fin du mois de janvier, l’organisme invite les gens intéressés à envoyer des lettres (papier ou courriels) aux personnes emprisonnées.
Un visuel de leur campagne.
Le but, c’est de faire pression sur le pays en leur montrant que la communauté internationale se mobilise pour cette personne. Bien que ça semble anodin – Qu’est-ce que ça va vraiment changer, d’envoyer une lettre? – il semble qu’Amnistie Internationale ait un taux de succès plutôt intéressant. Près de 75%, selon eux.
J’ai préparé un support visuel en Power Point, dans lequel on trouve les objectifs de l’activité, un lien vers les vidéos de présentation des cas préparés par Amnistie Internationale ainsi que des informations et des photos pour chaque individu. J’ai majoritairement repris les textes et les informations rédigés par l’organisme.
Pour aider les élèves à choisir à qui ils veulent adresser leur lettre, j’ai aussi préparé un version imprimable des présentations de cas. C’est en format Power Point, mais en imprimant deux diapositives par page, ça permet d’avoir un document lisible tout en sauvant sur le papier. J’en ai imprimé 35, je compte les récupérer après chaque groupe. Ils s’en serviront uniquement à titre de référence.
Finalement, j’ai fait imprimer divers modèles de papier à lettres (en noir et blanc, bien sûr), que j’ai trouvé sur le site suivant: https://museprintables.com/
Mes élèves les plus artistiques pourront ajouter de la couleur s’ils le souhaitent.
L’activité pourrait en rester là puisqu’ils seraient quand même sensibilisés à plusieurs enjeux, plusieurs concepts en lien avec la liberté ou la justice. On pourrait aussi poursuivre la réflexion (ce que je ferai dans un deuxième temps) en demandant aux élèves de sélectionner une cause plus précisément et d’expliquer pourquoi ils ont choisi cette cause, quel est le lien avec leurs valeurs, pourquoi c’est une situation que nous considérons injuste, etc.
On pourrait aussi faire toute l’activité en utilisant le matériel disponible en téléchargement sur le site d’Amnistie internationale.
Je me suis inscrite pour recevoir la trousse ou du matériel pédagogique, mais je n’ai jamais eu de nouvelles. Même pour le matériel pour lequel on est supposés recevoir une facture. Peut-être que ce n’est plus un volet qui est à jour. Bref, ne vous y fiez pas.
Bon cours, là!
P.S Si jamais ça te tente de m’aider à financer l’hébergement du site, gêne-toi pas!
La cour pénale internationale, qui doit juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, devrait-elle également juger les personnes coupables d’écocide, soit de crime contre l’environnement?
Poser cette question aux élèves est une belle occasion d’aborder plusieurs notions.
Par exemple, on peut aborder la notion de crime de guerre et de tribunal international, les raisons pour lesquelles l’ONU s’est dotée de ces outils. On peut alors faire un détour historique sur la question des génocides.
Si on parle de génocide et d’écocide, c’est l’occasion de parler de tous les mots en -cide et de leur signification, avec des exemples comme homicide, fratricide, herbicide… et aussi féminicide.
Et si on parle de féminicide, on peut en profiter pour glisser un mot délicat sur la question de la violence conjugale et familiale, sur les effets de la pandémie et du confinement, et rappeler aux élèves qu’il y a des gens à l’école qui peuvent les écouter si c’est nécessaire.
On pourrait aussi parler des différentes catastrophes écologiques que l’humanité a connue, ou qui nous attendent encore, du continent de plastique, des masques jetables, de l’obsolescence programmée…
Bref, une belle porte d’entrée à diverses discussions.